Où l’on apprend que les relations franco-mexicaines connaissent quelques incidents diplomatiques qu’il va falloir résoudre au plus tôt, que Moul Boul passe à l’ennemi et prolonge son séjour Montréalais et qu’il trouve des compensations à sa frustration amoureuse dans le foot, la musique et l’humour.
Que ce silence fut long. Comme le faisait remarquer Cyril, j’avais de bonnes raisons de maintenir un mutisme prolongé sur la toile. Ma raison, mon cœur et mes soirées étaient plutôt pas mal prises. Pourtant, il s’en est passé des choses depuis ce dernier post. Tout d’abord, contrairement au libellé quelque peu déprimant du chapô, je ne suis pas encore retourné à mon célibat, bien que ceci ne soit qu’une question de temps. Soit par nécessité puisque la belle Valeria s’en retourne dans son Mexique natal le 21 juillet prochain (deux jours après mon anniv’ pour ceux qui tenteraient de l’oublier), soit par anticipation, vu que les baisers langoureux du début ont laissé place à un vague effleurement des lèvres, qui confère à la bise sur la joue un statut bien plus intime. Je tiens donc à adresser ici mes plus sincères excuses à la gent féminine hexagonale, à laquelle j’avais conféré un peu rapidement le monopole de la complexité. Je reviens sur mes paroles, les femmes mexicaines sont également difficile à cerner. Pour vous la faire vite, après ce que l’on a pu considérer comme un état de grâce sentimental, est venue la question traditionnelle du « on fait quoi maintenant ? ». En gros, tu rentres au Mexique et moi je reste comme un con à Montréal, le problème c’est que tu me plais. Toi aussi tu me plais, il faut qu’on en parle, mais là c’est pas le moment (dans un bar qui diffusait du Rock à fond les ballons, je peux comprendre). Le problème est que nous n’avons jamais eu la suite de cette conversation à peine entamée. A défaut, il me faut composer désormais avec une distance de plus en plus grande qu’instaure mon canon mexicain. Et comme dans ce type de situation je panique, je bloque et à mon tour, je l’évite. Cercle vicieux inextricable isn’t it ?
Mesdames, si vous pouvez me donner quelques explications, je vous en saurai gré. Est-ce une situation normale ? J’en doute. Pouvez-vous éventuellement me donner un début d’analyse ? Avec vos hormones bizarres, il est difficile de vous suivre.
Passons maintenant au menu réjouissances, bien que celui-ci contienne un hic. Et le hic le voilà. Je reste au Québec au moins jusqu’en mars 2008, mais après, je le promet, je rentre. Cela implique donc de revivre ce que la Belle Province fait de pire : les températures négatives !!!
Mais me direz-vous « Pourquoi est-il assez fou pour accepter de se geler les fesses un hiver de plus loin de sa terre natale et de ses amis ? » Pour raisons professionnelles vous répondrai-je. Vous lisez désormais les lignes du nouveau chargé des relations presse de la Commission des droits de la personne du Québec.
Souvenez-vous, je n’avais plus eu de nouvelles du poste depuis le passage des tests écrits. J’ai appris que cet état de fait était le résultat combiné d’un processus de sélection particulièrement long et de l’absence de la directrice des communications qui, lorsqu’elle est revenue a accéléré les choses. Jeudi dernier, j’étais donc convoqué à 10 heures afin que mes compétences soient disséquées avec précision par un jury de trois personnes. Après une heure de discussions à base d’organisation de conférence de presse, de rédaction de communiqué, de politique québécoise et d’accommodements raisonnables, vient la sacro-sainte question
« Vous avez des questions ?
- Juste une en réalité, quand puis-je m’attendre à recevoir une réponse de votre part ?
- Très rapidement, nous souhaiterions vite boucler le recrutement. »
Sur ce, je salue mon jury et m’en retourne à mon sombre job au centre de réhabilitation. Sur les coups de 15 heures, mon téléphone retentit.
« Monsieur Moulet ?
- Oui ? Qui le demande ?
- C’est la CDPDJ, pour vous dire que nous vous attendons mardi matin à 9 heures.
- …. Ca veut dire que j’ai le poste ?…
- Non connard, on veut juste que tu vienne récupérer ton CV et qu’on entende plus parler de toi !
- Oh merci, c’est génial ! »
Environ trois minutes après avoir raccroché, mon téléphone s’égosille à nouveau. Mon fan club local a été mis au courant et entend me faire partager sa joie. Marcelle, presque plus émue que moi m’apprend qu’elle a croisé la directrice des communications qui lui a dit, je cite : « il l’a la job le jeune. Je l’ai pris parce qu’il est intelligent et qu’il comprend vite ». Que d’honneurs !!
Je rentre chez moi le soir sur un petit nuage, non sans être passé par la case Cepsum pour évacuer le surplus de stress accumulé.
Pas de traces de Valeria, mais en revanche Vinh est là et entend fêter dignement l’événement. Nous voilà donc revenus du SAQ une bouteille de Moët et Chandon sous le bras, que nous nous empressons de vider à deux. L’ivresse du champagne est incomparable, surtout quand il est bon. Et celui-ci était exceptionnel.
Voilà donc le topo, je reste ici jusqu’à la fin de mon contrat, soit le 31 mars 2008. Un prolongement de trois mois. Mais c’est pour la bonne cause. Une telle expérience ne sera pas négligeable. Je vais tenter de faire des piges à coté, étant donné que je vais avoir quelques contacts avec les rédactions québécoises.
Je devrais également passer Noël au Mexique chez mon pote Mario qui s’en est retourné là bas.
Pour le reste, l’été montréalais, si l’on excepte des températures plus que fluctuantes est plutôt sympa. En ce moment se déroule le festival international de Jazz. Des scènes ont été disposées de partout dans la ville et Montréal vit au rythme de la batterie, du saxo et de la contrebasse. Un vrai délice.
Hier soir, Pépé, Vinh et moi avons assisté au concert de Oxmo Puccino, rappeur parisien d’origine malienne, accompagné d’un orchestre jazz : les Jazzbastards, le tout dans une ambiance gangster que n’aurait pas renié la prohibition aux Etats-Unis. Vraiment excellent.
Mais il y a aussi le foot à Montréal ! Le Canada accueille la Coupe du monde des moins de 20 ans (à laquelle la France ne prend pas part, laissant à l’Autriche le soin de représenter l’Europe. Qu’importe, je vais voir les trois prochains matches qu’accueille le stade olympique de Montréal. L’occasion de voir briller les vedettes de demain.
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