Déambulations, observations et divagations d'un jeune journaliste français à Montréal.
Où l’on apprend que Moul Boul a retrouvé le mot de passe de l’administration de son blog, que la mort de certains n’intéresse absolument personne et que la cabane au Canada est un mythe pour Français en mal de grands espaces.
« Le silence est d’or » disait l’autre. À ce rythme, le mois et demi de mutisme forcené qui vient de s’écouler aurait du me rapporter un sacré pactole. Mais comme les proverbes n’engagent que ceux qui ont la candeur d’y croire, mes poches (pas celles que j’ai sous les yeux) restent trouées. Mais sous la pression de la foule en liesse, je repars au combat littéraire, mon clavier en bandoulière.
J’entamerai mes retrouvailles bloguesques en répondant à la question qui vous brûle les lèvres et vous écorche les dents depuis tant de temps : Non, je en suis pas le mystérieux amant de Cécilia Sarkozy à l’origine du fiasco ménager qu’est en train de vivre le président de 62% des Français. Mes fréquents déplacements à New York (charmante bourgade de 400 âmes, perdue au fin fond des Laurentides) ces derniers temps n’étaient pas motivés par les débordements d’affection transatlantique de celle qui refuse obstinément d’être la Première dame de France. Je laisse ça aux patrons de boîtes de com’ parisienne dont la carte d’abonnement chez Point Soleil, masque mal la crise de la quarantaine.
Alors me direz-vous, que s’est-il passé pendant tout ce temps là dans la vie si peu commune du Moul-Boul? Il a bien fallu que je me remette des morts successives de Jacques Martin (encore un qui s’est fait avoir par la Cecilia) et du Mime Marceau, mais aussi terribles furent ces nouvelles, elles ne permettent pas de tout expliquer.
Alors, je vais vous la faire en condensé.
Pendant le mois et demi qui vient de s’achever, Moul-Boul :
- A profité de Paris comme un vulgaire touriste pour la première fois de sa vie.
- A confirmé au prêtre, contre forte somme (amortissement du week-end susmentionné oblige) que l’amour d’une Blonde et d’un Ness est plus fort que quelques carreaux de céramique manquant sur les bords d’une baignoire.
- A vécu de vannes et d’eau fraîche en compagnie de quatre Toulousains turbulents dans son micro-appartement. La police appelée sur les lieux pour démanteler un camp de manouches aura finalement donné gain de cause aux immigrants temporaires sous la menace d’une procédure pour discrimination fondée sur l’accent.
- A apporté sa pierre à la lutte en faveur du réchauffement climatique en conduisant sur 1200 kilomètres un gros 4x4 de marque yankee de 250 chevaux aux prétentions très raisonnables (à peine 20 litres aux cent, que demande le peuple?). Le rêve américain est polluant, il faut s’y faire.
- A pris part à une soirée de résistance brayonne (à savoir, des jeunes d’Edmundston au Nouveau Brunswick qui se serrent les coudes dans un environnement montréalais hostile) et n’attend que de remettre ça.
- A rebouffé la grande pomme pour n’en laisser que le trognon (et en a profité pour se culturer un peu en allant voir comment ça donne en vrai les posters d’Andy Warhol)
- A vérifié qu’en matière de méandres administratifs, le Québec n’a guère a envier à la France.
- Fait face à des accusations de malhonnêteté de la part de son employeur persuadé qu’il a sciemment menti sur la nature de son visa.
- A compris qu’en vertu d’un formulaire B-27 de reconnaissance des compétences à l’étranger récalcitrant et tous ses petits frères tout aussi peu conviviaux, il n’obtiendra pas dans les temps le renouvellement de son visa.
- Pense déjà à l’après. Parce que quitte à se faire crisser dehors du Québec (à regrets, il faut bien le dire), autant ne pas rentrer à la maison. Le syndrome du Globe Trotter s’est emparé de moi et le diagnostic est sévère. Paraît que ça serait chronique. Les spécialistes affirment qu’une rémission est possible aux alentours de la trentaine (oh le vilain gros mot).
Bref, je me suis tenu occupé pendant tout ce temps. Mon clavier a apprécié cette trêve automnale et reprend du service avec un appétit qu’il a du mal à contenir. Stouf, j’espère que tu lis encore ces lignes. Les mois qui viennent, principalement décembre et janvier devraient amener leur lot de situations cocasses, dramatiques ou burlesques. Alors on décroche de la Star Ac’ et on se remet à lire le blog de Moul Boul!!
Une dernière chose avant de vous quitter. J’ai vécu mon premier été indien. Il faut savoir que :
- Ici on appelle ça l’été des Indiens, bien le nombre d’Indiens ne varie pas particulièrement à ce moment de l’année.
- C’est très surfait. Les arbres sont certes très beau et arborent des couleurs flamboyantes fidèles à celles reproduites sur papier glacé dans les pages de « Grand Rep’ », mais le tout dure l’espace d’un week-end!
Je confirme donc que le Québec ne connaît que deux saisons, l’hiver, facilement identifiable grâce à une recrudescence d’amputations des membres gelés et un vague mélange de printemps, été et automne au cours du quel chaque jour est une tombola.